Pourquoi notre corps obéit aux saisons

D’avril à octobre, on stocke ses réserves

Le corps est un écureuil prévoyant. Quand nous savourons les premiers rayons du printemps, il prépare déjà l’épreuve hivernale. D’avril à octobre, il stocke des réserves alimentaires. Notre poids est alors à son maximum car l’organisme « assimile » plus pour faire des réserves de nutriments qu’il brûlera l’hiver, à la manière des mammifères hibernants engrangeant sucres etb graisses dans leur corps pour dormir des mois sans devoir chercher à manger. L’organisme utilise aussi de façon différente les trois sources d’énergie – sucres, graisses, protéines – que l’alimentation lui fournit.

Selon les mois de l’année, il change de « carburant » : entre le milieu de l’été et la mi-automne, il brûle plus volontiers des sucres alors que, l’hiver, son « fuel » préféré devient les graisses. On perdrait donc spontanément un peu de poids durant cette dernière période. Les régimes proposés au printemps pour affiner ses formes avant les vacances seraient-ils des contresens biologiques ?

L’automne, une des saisons à risques

L’adaptation de nos rythmes biologiques aux cycles des saisons ne se fait jamais de façon brutale, l’organisme ayant toujours de l’avance par rapport au calendrier. Quelle que soit la couleur du ciel ou la température de l’air, le mécanisme interne d’adaptation est déjà en route. « Même si nous avons perdu beaucoup de qualités instinctives et adaptatives, constate le Dr Christian Duraffourd, généraliste et spécialiste de médecine fonctionnelle, nous restons des animaux de saison, soumis aux cycles naturels. »

Ceux du printemps et de l’automne seraient les plus marqués et, de ce fait, une source possible de déséquilibre pour les gens fragiles. « Ils doivent fournir plus d’efforts, ce qui peut entraîner une augmentation des déséquilibres préexistants et favoriser le développement de certaines maladies. »

Oui aux longues vacances en hiver

Néanmoins, l’hiver reste la saison de tous les dangers. Ce n’est pas une question de froid ou de virulence des germes, mais d’extrême vulnérabilité des défenses de l’organisme à cette époque de l’année. Les immunoglobulines du plasma sanguin sont alors très basses, et notre système immunitaire nous défend beaucoup moins efficacement contre les « envahisseurs ».

Il y a moins d’un siècle, nos ancêtres paysans se reposaient l’hiver, en même temps que la nature. Aujourd’hui, au contraire, c’est pendant l’été que nous prenons une longue plage de repos. Or, nous ne sommes faits ni biologiquement ni rythmiquement parlant pour travailler physiquement et dépenser de l’énergie pendant la mauvaise saison. Les statistiques des chronoépidémiologistes français et américains le montrent clairement : la mortalité et l’invalidité dues à des accidents vasculaires cérébraux, cardiaques et pulmonaires sont deux à trois fois plus fréquentes en hiver qu’en été. Le chauffage hivernal n’arrange rien, créant des pics de pollution au moment précis où nos capacités de résistance sont au plus bas.

Synchroniser nos horloges internes

Comment vivre plus en harmonie avec les rythmes de la nature qui sont aussi les nôtres? En synchronisant nos horloges internes dans notre vie quotidienne. Elles tournent toutes seules, mais le système de remise à l’heure provient de signaux de l’environnement tels que le lever du soleil et la tombée de la nuit. Or, la vie urbaine brouille les compteurs en prolongeant l’activité nocturne et en nous éloignant de la lumière du jour, et la majorité des gens souffre de ces perturbations. Il faut donc que notre organisme retrouve son rythme sur vingt-quatre heures, avec les pics et les creux à la bonne plage horaire. Les méthodes sont simples, « si simples, plaisante Alain Reinberg, que personne ne pense à les appliquer. ». Exemple : se lever et se coucher toujours à la même heure est essentiel.

De plus, la vie urbaine sous-expose la plupart d’entre nous au soleil pendant onze mois de l’année, au détriment de la santé de notre peau (une étude vient en effet de révéler des carences en vitamine D – synthétisée par la peau sous l’action du soleil – chez les habitants de la moitié nord de la France). Pour se sentir bien, il faut essayer de profiter au maximum de la lumière naturelle en marchant en plein air le plus souvent possible, et ce en toutes saisons. Le soleil est un médicament précieux, dont nous avons un besoin vital.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :