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L’espace de l’esprit, là où il peut ouvrir ses ailes c’est le silence. Le silence est seul signe de la qualité. A. de St Exupéry

Trouver le silence intérieur à travers la détente de son corps, grâce à un intense éveil… Victoire Kephale

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Rares sont ceux qui savent respirer correctement. Or, une bonne respiration développe le souffle, oxygène le cerveau, permet de poser la voix et gérer les émotions… M.Quent

moins de stress : le mental influence le rythme respiratoire et vice versa. En maîtrisant votre respiration, vous maîtrisez donc mieux vos émotions, abaissez votre fréquence cardiaque, canalisez l’adrénaline, retrouvez votre concentration.
– moins de fatigue : en respirant plus profondément, vous oxygénez davantage toutes vos cellules et facilitez l’élimination des toxines de votre organisme.
– moins de kilos : imprimer un rythme profond et régulier à la respiration permet de réguler les fonctions neurovégétatives dont dépend la digestion et de faciliter l’utilisation des sucres et des graisses par l’organisme.

Votre ventre vous donne de l’air : en pratiquant la respiration abdominale, vous augmentez votre amplitude respiratoire en utilisant 70% d’air contre 30% en respiration thoracique. Cette respiration par le ventre est celle des bébés, des chanteurs d’opéra ou celle adoptée instinctivement en dormant.
Votre diaphragme vous masse : en respirant par le ventre, vous mobilisez entièrement le diaphragme, principal muscle respiratoire.En effet, le diaphragme descend à l’inspiration, ce qui pousse les organes vers le bas et fait gonfler le ventre et à l’expiration il remonte.  Se concentrer sur le diaphragme au moment où l’on souffle, comme si l’on vidait un tube de dentifrice en commençant par l’extrémité.Le diaphragme effectue ainsi un massage profond qui évacue les tensions et redynamise.

 

 

Prier c’est méditer ?

En quoi se différencie-t-elle de la prière ?

Dans la prière, on s’adresse à quelqu’un – Dieu – et il y a une intention : demander, remercier, célébrer… On utilise des mots. Dans la méditation de pleine conscience, il s’agit de se rendre présent à ce qui est là, à soi, à sa respiration, à ses pensées. Autant dire que cela semble se situer à l’opposé : on ne s’adresse à personne, on n’attend rien, on essaye d’être dans ce qu’on éprouve, sans avoir besoin de recourir à des mots. Ces pratiques semblent donc contradictoires.

Pourtant, je pense qu’en réalité, elles sont très complémentaires. Il me semble que notre prière ne peut pas être profonde, juste, monter vers Dieu, si elle n’est pas précédée d’un temps où l’on fait silence, où l’on se libère de ses cogitations.

Priez-vous ? Et, si oui, comment articulez-vous prière et méditation ?

D’abord je médite, pour me rendre présent au moment, puis je prie. Il m’arrive aussi de simplement vouloir méditer, sans avoir l’intention de prier. Je m’assieds, je ferme les yeux… et, sans que je m’y attende, me voilà emporté. J’ai soudain le sentiment d’appartenir au monde, l’impression que les frontières entre ma petite personne et l’Univers deviennent poreuses, un sentiment d’interrogation existentielle m’étreint : « Pourquoi suis-je ici à respirer ? » Apparaissent ainsi parfois des états qui appellent la prière, les sentiments de gratitude, de transcendance.

Moi, je suis chrétien, donc je me dis : « Tu as ouvert ton âme à plus grand que toi, tu ressens, de façon très simple, que tu es un petit récepteur et qu’il existe un grand émetteur qui envoie des signaux. » Je pense que la méditation est bonne pour la foi. C’est une manière d’approfondir sa prière, de l’ouvrir à de nouvelles voies, peut-être avec moins de mots et davantage de ressenti corporel. N’hésitez pas, allez-y !

Comment pouvons-nous associer prière et méditation ?

Je pense que pour nous, gens ordinaires, tout est affaire de régularité et de répétition. Par exemple, lorsque l’on s’assoit face à la mer, on est d’abord dans la simple présence apaisée. Mais si l’on reste un peu, on peut ressentir de la reconnaissance envers le Dieu qui nous permet de vivre cet instant. Puis, si l’on pousse encore un peu, le sentiment de Sa présence en nous et autour de nous.

Quand je médite, souvent, je franchis trois étapes : corps, esprit, âme. Quoi qu’il arrive, je commence par prendre conscience de mon corps : dans quel état il est, ce que je ressens, comment je respire. Puis j’examine mes idées : de quoi j’ai envie, ce qui me préoccupe. Parfois, tout cela suffit à nourrir ma méditation, notamment quand je suis soucieux ou anxieux.

Mais parfois, je sens qu’il faut que je pousse encore plus loin. J’essaie de m’ouvrir à plus grand que moi, de me dire : « Tout est bien. N’aie peur de rien, continue d’avancer. » Parfois, je me dis : « De toute façon, tu es dans la main de Dieu. Donc fais de ton mieux et accepte de te laisser porter. Respire, souris, remercie pour tout ce qui t’a déjà été donné. » Là, je ne suis pas dans la méditation pure, mais dans la prière. Je m’accroche au bas de la robe de Dieu !

Qu’a apporté la méditation à votre vie spirituelle ?

Elle l’a considérablement enrichie. Dès que l’on nourrit sa vie intérieure par la méditation, on aboutit à des interrogations d’ordre spirituel. En ce sens, la méditation a réactivé, nourri, multiplié mes temps de prière. Chaque soir, quand je songe aux bonnes choses que j’ai vécues durant la journée, je passe rapidement « en mode prière ». Je repense à trois moments agréables et je dis : « Merci, Seigneur, Tu m’as permis de vivre cela. » Quand j’ai l’impression que je peux mourir, et que cela n’a pas lieu, je Le remercie.

Il y a quelque temps, j’attendais des résultats médicaux à l’issue très incertaine. Je suis allé prier dans la chapelle de l’hôpital. J’ai médité puis j’ai remercié. J’ai dit : « Je ne sais pas ce qui va m’arriver, je Te fais confiance. Mais quoi qu’il m’arrive, merci de m’avoir permis de vivre tout ce que j’ai vécu. » Je crois vraiment que la méditation m’a aidé à aller plus souvent à la rencontre de moments comme ceux-là.

Après avoir médité, parfois je prends la Bible. Je vais chercher des passages que j’explore à l’infini. Mes préférés sont les Psaumes, le Livre des proverbes, l’Ecclésiaste et le Livre de Jérémie.

La méditation n’a pas pour vocation de se substituer à la prière mais de la rendre plus profonde et plus féconde

 

En quoi la méditation peut-elle aider les chrétiens dans leur foi ?

La méditation de pleine conscience, laïque, a occupé une place délaissée petit à petit par la tradition chrétienne. Aujourd’hui, l’Église s’aperçoit qu’elle n’a pas vu venir la vague méditative, qui répond à un besoin d’intériorité. Au croyant, je dirais volontiers la même chose qu’à un patient : méditer ne remplacera pas les soins mais va s’y ajouter. De même, la méditation n’a pas pour vocation de se substituer à la prière mais de la rendre plus profonde et plus féconde.

 Christophe André

La méditation, porte d’entrée de la prière

La méditation est présente dans la tradition chrétienne depuis toujours, car dès lors qu’il s’agit de prier, se pose la question : comment accéder à la prière ? La méditation est la porte d’entrée dans la prière. Après l’écoute de la parole de Dieu, c’est le premier pas vers la profondeur. On se recueille, on rassemble ses facultés, tout son être, pour se mettre à l’écoute de la présence de Dieu.

Elle aide à passer de l’extériorité à l’intériorité, de l’état d’agitation à ­l’attention. Car la présence de Dieu ne se laisse pas découvrir facilement ! Il faut apprendre à faire silence.

Cela dit, celui qui a l’habitude de prier n’en a peut-être pas besoin. Pour certains, cet état d’attention et de présence est naturel. Entrer dans la prière leur est plus facile.

Comment la méditation chrétienne a-t-elle été élaborée ?

É. C. : Dès les IIIe et IV siècles, cette question est au cœur de la quête des Pères du désert. Jean Cassien, au Ve  siècle, donne un début de méthode issue des visites dans de nombreux monastères. Il constate que « notre pensée s’évade », que « notre attention s’évanouit » parce que nous n’avons rien à quoi « ramener notre esprit vagabond » (2). Il propose une manière de prier, devenue la « prière de Jésus » : « Ô Dieu, viens à mon aide, hâte-toi de nous secourir » (Ps 70).

Dans le même temps, il y a un attrait pour la méditation orientale. Quelle est la spécificité chrétienne ?

É. C. : Dans le christianisme, il n’y a pas d’autre voie que le Christ pour aller à Dieu. Méditer, pour un chrétien, c’est donc entrer en soi pour chercher Dieu. Méditer n’est pas faire le vide, mais « ruminer » la parole de Dieu et la vie du Christ. Cela dit, entre chrétiens et ­bouddhistes, le besoin de quitter l’agitation et la dispersion est le même. On recherche le calme en stabilisant le corps dans une position assise, en apaisant sa respiration. L’entraînement à l’intériorité est universel. Ce qui change, c’est la finalité. À savoir, pour les chrétiens : l’union avec Dieu.

► La méditation de pleine conscience attire largement. Pourquoi ?

É. C. : Cet attrait témoigne de la très grande demande actuelle d’intériorité, d’un besoin de se libérer de l’extrême agitation qui règne dans notre quotidien. Face à l’omniprésence du « faire », l’homme prend conscience de son manque « d’être » et de la superficialité. La méditation de pleine conscience vise à apprendre à être présent au présent, dans un état d’attention. Mais elle n’a pas de visée religieuse. Ce n’est pas un acte de prière. Tout le monde peut la pratiquer.

Élyane Casalonga 

Peu importe la durée, seule la régularité compte. On peut s’y adonner en marchant, en courant, en se brossant les dents, avant d’aller dormir…

La méditation de pleine conscience consiste à se focaliser sur l’instant présent, sur ses sensations internes et perceptions. Ce n’est pas une pratique de relaxation. Elle consiste à être plus présent à soi et au monde, à se laisser envahir par les bruits et les odeurs de l’environnement ainsi que par ses propres sensations.

La méditation, c’est quoi ?

C’est une attention juste, conscience attentive de ses actions et de ses pensées

La méditation de pleine conscience, suscite l’intérêt des neuroscientifiques et psychologues, car elle favorise un état mental qui permet de réduire le stress et la dépression. Seulement 10 minutes par jour suffisent pour ressentir les bienfaits au bout de quelques semaines. Alors avancez votre réveil et commencez votre journée plus sereinement.