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Qui aime la jeunesse, aime la mer. Tennessee Williams

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Bretagne. Breizh Algae lance les premiers poulets aux algues

A l’occasion du festival Terre et Mer à Morlaix, du 2 au 5 juillet, Breizh Algae, composante du groupe de valorisation des algues Olmix, lance ses premiers poulets aux algues.

Hervé Balusson, président d’Olmix 320 salarés ; 66 M€ de CA) et dirigeant de Breizh Algae et Tilly Sabco, l’avait annoncé fin 2014 : les premiers poulets aux algues sont désormais commercialisées. Pour cette première, Breizh Algae a choisi de les faire déguster au festival Terre et Mer de Morlaix. « C’était le meilleur endroit pour le lancer : l’alliance de la terre et de la mer », s’exclame Thomas Pavie, directeur innovation du groupe. « D’ici 5 ans, le poulet sans antibiotique sera la norme pour des raisons sanitaires (antibiorésistance). L’avantage de la Bretagne, ce sont ses algues. Elles ont des propriétés qui permettent de se passer d’antibiotiques de précaution », explique-t-il. Les extraits d’algues sont utilisé dans l’eau, l’alimentation et l’environnement des poulets pour améliorer leur immunité.

500.000 poulets aux algues

Aujourd’hui, 500.000 poulets aux algues ont déjà été abattus. « Sur 20 lots, un seul a dû avoir recours aux antibiotiques à cause d’un agent pathogène », note Thomas Pavie. Ils sont une dizaine d’éleveurs (groupement des Monts d’Arrée) à fournir ses poulets. Ils seront vendus sur les marchés de Pontivy, Rohan et Baud. Breizh Algae s’est équipé d’un camion pour rôtir les poulets et ainsi présenter en local le résultat des leur innovation. Mais c’est surtout le marché grand export que la firme vise, avec l’Asie. « Là-bas, où la sécurité alimentaire est vraiment un sujet important, un poulet de 900 grammes peut se vendre 40€, indique le directeur innovation. On est sur un marché à très haute valeur ajoutée ».

L’entreprise souhaite attirer de nouveaux éleveurs pour fournir des poussins et élevés ces poulets selon son programme. Elle va lancer pour cela un centre de formation « Breizh Algae School » pour former les éleveurs volontaires. « On ne se fixe pas de limite. Nous avons les capacités industrielles. Notre seul frein aujourd’hui, ce sont les autorisations pour la collecte des algues. Mais c’est en cours », assure Thomas Pavie.

Des poulets bourrés d’algues plutôt que d’antibiotiques

La laitue de mer contient des antioxydants, des protéines, des minéraux. Une PME bretonne, Olmix, extrait des composants de cette algue pour renforcer le système immunitaire des animaux, et réduire ainsi l’usage des antibiotiques dans les élevages.

On récolte la laitue de mer pour en extraire des antioxydants, des protéines, des minéraux. Ensuite, selon les besoins de l’animal, on ajoute sous forme de poudre ces molécules à son alimentation afin de renforcer son système immunitaire, ce qui lui permet de résister à l’attaque des bactéries, explique Alain Reocreux, responsable du développement international chez Olmix.

Résultats: des éleveurs qui réduisent de 40 à 80% leur utilisation d’antibiotiques, selon lui.

– Des plantes pour neutraliser les symptômes

Nous avons affaire à un problème de santé publique et de sécurité alimentaire , explique Hervé Balusson, qui estime que ce nouveau « poulet santé » permettra de lutter contre le phénomène croissant de résistance aux antibiotiques chez l’homme. Hervé Balusson

Les algues, ressources du futur

Pollueur marin toxique, au mieux décoration pour plateaux de fruits de mer l’algue n’a pas la côte. Pourtant nous ne sommes qu’à la préhistoire de la connaissance de ce partenaire de nos rivages depuis des millions d’années.

Hervé Balusson l’affirme, l’algue nourrira l’homme en 2050. Un marché mondial qu’il estime à 100 milliards d’euros, 50 usines construites, des emplois créés. De quoi faire oublier à la Bretagne ses portiques et ses usines à cochons qui périclitent.

La filière algue n’est pas un vain mot pour cette petite entreprise de farfelus celtiques, comme on les raillait à l’époque. Depuis 20

La rouge, apparue il y 1,4 milliard d’années, est l’algue de la protéine. Pour Hervé Balusson, pas de doute, le poulet au grain sera immanquablement remplacé par du poulet aux algues d’ici peu mais auparavant, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays du monde, les algues transformées en protéines animales nourriront le bétail.

La brune, apparue il y a 7 à 800 millions d’années, sera réservée aux plastiques, à la bio mécanique et aux bio carburants.

Pourtant les algues vertes sont toxiques. Nullement si elles sont pêchées vivantes, explique Hervé Balusson. Il bataille pour la création d’une flottille de bateaux pêcheurs afin d’en importer de Chine. En association avec l’organisation OPen Odyssey qui associe étudiants à des projets régionaux, il va encore plus loin et veux faire financer par les bretons eux-mêmes cette flottille de bateaux dans un grand projet de crowdfunding.

Qu’elles soient vertes, rouges ou brunes tout est bon dans les algues qui trouvent dans les eaux vives des côtes bretonnes des milliards de mètres cubes d’eaux fraîches formant un écosystème inégalable. C’est le plus vaste champ de la planète, une richesse inépuisable, une ressource essentielle pour nos besoins en alimentation et en santé. Un cercle vertueux recyclable.

La verte, apparue il y a 3 milliards d’années, serait porteuse d’éléments génétiques disparus de la surface terrestre. Elle concentre tous les espoirs en matière d’immunologie, et de recherches sur les maladies virales.