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La psychologie positive ne consiste pas à « positiver ». Matthieu Ricard

Contrairement à ce qui a souvent été dit et écrit, la psychologie positive ne consiste pas à « positiver » en essayant de voir la pauvreté, la maladie, la violence et autres souffrances sous un jour plaisant.

La psychologie positive, pour sa part, est un domaine de recherche scientifique qui s’est donné pour but d’étudier et de renforcer les émotions positives, celles qui nous permettent de devenir de meilleurs êtres humains, tout en éprouvant une plus grande joie de vivre.

Se contenter d’éliminer la tristesse et l’anxiété n’assure pas automatiquement la joie et le bonheur. La suppression d’une douleur ne conduit pas nécessairement au plaisir. Il est donc nécessaire non seulement de remédier aux émotions négatives, mais aussi d’accroître les émotions positives. Cette position rejoint celle du bouddhisme qui affirme, par exemple, que s’abstenir de faire du tort aux autres (l’élimination de la malveillance) ne suffit pas, et que cette abstention doit être renforcée par une détermination à faire leur bien (l’épanouissement de l’altruisme et sa mise en oœeuvre).

Les émotions positives ouvrent l’esprit et élargissent la palette des pensées et des actions; Elles engendrent des comportements flexibles, accueillants, créateurs et réceptifs. 

Les émotions positives telles que la joie, le contentement, la gratitude, l’émerveillement, l’enthousiasme, l’inspiration et l’amour sont bien plus qu’une absence d’émotions négatives. Cette dimension supplémentaire ne se réduit pas à une simple neutralité de l’esprit : elle est source de profondes satisfactions. À l’inverse de la dépression, qui provoque généralement une plongée en vrille, les émotions positives engendrent une spirale ascendante : « Elles construisent la force d’âme et influencent la façon de gérer l’adversité, » écrit Fredrickson.

Nous sommes les abeilles de l’Univers. Nous butinons éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’Invisible. Rainer Maria Rilke

 La « psychologie positive » est révolutionnaire en ce qu’elle s’intéresse à ce qui rend les gens heureux. Son objectif est de développer la capacité d’aimer et d’être aimé, de donner du sens à nos actions, d’être responsables de ce que nous pouvons changer, d’être résilients face à ce que nous ne pouvons pas éviter.

Ce qui a changé ces quinze dernières années :

Quand on se lève le matin, on se lève heureux car on va passer une bonne journée…

Et non plus, je travaille dure toute la journée et je suis heureux….

BONHEUR = SENS DE LA VIE + BIEN-ETRE

Les recherches psychologiques actuelles, sur la base d’enquêtes réalisées auprès de larges populations, éclairent fortement les débats de la philosophie antique en montrant que le bien-être et le sens de la vie constituent deux facettes à la fois proches et différentes de l’expérience humaine. En effet,
-  certains aspects de la vie relèvent essentiellement du sens de la vie et peu du bien-être ; ce sont les valeurs et croyances, les projets de vie, l’engagement dans l’action ;
-  d’autres à l’inverse relèvent essentiellement du bien-être et peu du sens de la vie ; ce sont les émotions positives, les loisirs ;
-  d’autres enfin relèvent à la fois du sens de la vie et du bien-être ; ce sont les relations interpersonnelles ;

- l’expérience optimale se produit généralement quand la personne s’engage dans une activité qui constitue un certain défi en raison de la difficulté à la réaliser. Cela stimule l’individu et l’incite à se dépasser.
- l’individu est très concentré sur ce qu’il fait car l’expérience est enrichissante en elle-même. Il n’est pas distrait par d’autres choses.
- la préoccupation de soi disparaît, mais, paradoxalement, le sens du soi se trouve renforcé à la suite de l’expérience optimale. Par exemple, quand un alpiniste fait une ascension difficile, il est totalement absorbé par cette action, mais est ensuite très satisfait de ce qu’il a réussi.
- la perception de la durée est altérée ; l’individu ne voit pas le temps passer.