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Notre ventre est notre second cerveau

L’auteur Pierre Pallardy, ostéopathe, diététicien, base sa méthode naturelle sur des conseils simples et efficaces, aboutissement de 35 années de consultations et d’observations en tant que « psychothérapeute manuel ». Cette méthode repose sur 7 piliers : la respiration abdominale, une prise alimentaire lente et régulière, le choix des aliments, le sport-plaisir, la gymnastique des deux cerveaux, les auto-massages et la méditation abdominale.
Il rappelle l’importance de maintenir son ventre qu’il appelle deuxième cerveau, en bon état et de l’harmoniser avec son cerveau supérieur, pour guérir et prévenir de nombreux troubles fonctionnels.
En 1998, Michael Gershon (neurogastroentérologue et professeur d’anatomie et de biologie cellulaire), publiait le fruit de trente années de recherche : « The second brain » (le second cerveau), qui fit grand bruit à l’époque. Selon lui : « nos deux cerveaux, celui de notre tête et celui de notre ventre, doivent coopérer. Si ce n’est pas le cas, il se produit le chaos dans notre ventre et la misère dans notre tête. »
Pour Ghislain Devroede, médecin belge spécialisé dans les maladies du colon, chirurgien colorectal, auteur de plusieurs livres dont :  Ce que les maux de ventre disent de notre passé, le ventre représente le « centre d’archives de notre vie émotionnelle ».

Selon l’embryologie, les cellules nerveuses de l’intestin proviennent du même feuillet embryonnaire que celles du cerveau. A un moment donné du développement de l’embryon, des cellules nerveuses se séparent du cerveau principal pour migrer dans le ventre et former un système nerveux entérique.

Le ventre est bien structurellement et neurochimiquement un second cerveau, connecté directement au cerveau encéphale dont il est complémentaire. Il produit à travers l’intestin, entre 70% et 80% des cellules immunitaires de l’organisme et abrite un réseau de neurotransmetteurs similaire à ceux de l’autre cerveau. Comme la sérotonine, qui influence nos états d’humeur et notre sommeil qui est produite à 95% par les cellules nerveuses de l’intestin.

Ce que la médecine démontre actuellement, les médecines et traditions les plus anciennes, en étaient totalement conscientes. La civilisation occidentale moderne, nous a appris à vivre avec notre premier cerveau, et surtout son hémisphère gauche, ce qui nous pousse à raisonner et à nier nos émotions au point de bloquer la circulation harmonieuse des énergies et d’oublier de respirer. Pourtant comme l’écrit Omraam Mikhaël Aïvanov dans son ouvrage La respiration, dimension spirituelle et applications pratiques : « La respiration a aussi une influence sur le fonctionnement du cerveau. C’est bien de lire, d’étudier, de méditer, mais il faut savoir que le fonctionnement du cerveau dépend du reste de l’organisme et en particulier des poumons. Bien sûr, les poumons n’ont pas une action directe sur le cerveau, mais ils sont un facteur très important pour la purification du sang. Et lorsque le sang est pur, il irrigue le cerveau en déposant en lui les éléments qui facilitent le travail de compréhension, de méditation. »

La respiration abdominale

La quasi-totalité des adultes et des adolescents ne respire qu’à moitié.
Jusqu’à l’âge de deux ans environ, c’est à dire jusqu’à ce qu’il ait pris conscience de son ‘moi’, et du rapport au monde extérieur, l’enfant remplit d’air, en même temps ses poumons et son ventre. Et les vide, instinctivement, de la même façon.

Puis il entre dans le monde du stress, de la peur, de la timidité, bref, des émotions, et accélère son rythme respiratoire. La respiration naturelle « spontanée », animale, profonde de la prime enfance disparaît au profit de la respiration « sociale », beaucoup moins profonde, qui ne fait appel qu’aux poumons et aux bronches et, encore pas totalement. La quantité d’air qu’on fait pénétrer dans l’organisme diminue de moitié. On « oublie » de respirer par le ventre. C’est une véritable catastrophe et pour plusieurs raisons.D’abord, pour votre ventre. Sans l’apport d’oxygène indispensable, il dépérit et entre en dysfonctionnement. C’est l’ouverture vers les troubles neurovégétatifs (colite, spasmes douloureux, constipation), les problèmes de l’assimilation-élimination et leur cortège de conséquences presque automatiques : fatigue, insomnies, nervosité, prise de poids, problèmes sexuels, allergies, etc.

Mais il y a plus grave, à mon avis : en abandonnant sans le savoir, la respiration abdominale de l’aurore de la vie, on coupe sans s’en rendre compte la communication entre le ventre, votre second cerveau, et le cerveau supérieur. Il y a rupture. Et cette rupture est à l’origine de nombreux maux et accroît ceux que j’ai cités plus haut. Si vos deux cerveaux ne fonctionnent pas en harmonie, c’est votre santé dans toute sa globalité qui est menacée ; il est alors presque impossible d’atteindre, même avec des médicaments stimulants, antidépresseurs, anxiolytiques, cet état de bien-être, de détente, qui est une des conditions du bonheur.

Réapprendre à respirer par le ventre, ce que je vous propose dès les premières pages de ce livre, est à mes yeux la première étape vers le retour à la santé et au bien-être. Cela aura pour effet principal, je le répète, de remettre en harmonie vos deux cerveaux. »

Quand le ventre retrouve son rôle

« Ma première initiative va donc consister à vous faire retrouver, à vous réapprendre, la respiration abdominale, celle que vous pratiquiez naturellement, instinctivement, dans votre prime enfance. Ce n’est ni difficile ni astreignant. Et, croyez-moi, cela en vaut la peine. Quand vous aurez réussi en quelques jours, au maximum en une ou deux semaines, vous prendrez tout de suite la mesure du changement sur votre ventre, sur votre mental. Il y a de fortes chances  que vous éprouviez très rapidement une impression de détente, de bien-être, signe que vos deux cerveaux ont retrouvé leur harmonie, et que s’établit un nouvel équilibre de tout votre corps.

Comment faire ?

Avant toute chose, il faut vous persuader que l’air que vous inspirez va pénétrer dans votre ventre – qu’il va donc retrouver le rôle important, essentiel, qu’il a perdu depuis votre enfance. Cette idée va déterminer les manœuvres simples que je vais vous demander d’accomplir.

Votre premier geste de retour à la respiration abdominale va être de libérer, de débloquer, votre diaphragme. Ce muscle très puissant situé entre le thorax et l’abdomen, sous le cœur et au-dessus des organes digestifs, est le vrai chef d’orchestre  de la respiration profonde.  Le diaphragme est constamment sollicité : il s’abaisse à l’inspiration et remonte à l’expiration, environ vingt fois par minute, mille deux cent fois en une heure, vingt-huit mille fois par vingt-quatre heures en tenant compte du ralentissement du sommeil. L’amplitude de ce mouvement de va-et-vient détermine la quantité d’air absorbé et la participation de l’abdomen à cette manœuvre. Notons au passage qu’en développant, par le seul effet de la volonté et un léger effort, les mouvements inspiration-expiration du diaphragme conduisant à la respiration abdominale on exerce aussi un massage naturel sur la vésicule, le foie, le pancréas, la rate, les intestins ; on favorise les fonctions d’assimilation-élimination. Enfin, en stimulant les plexus, directement reliés par le nerf vague au premier cerveau, on participe à l’harmonie indispensable entre les deux cerveaux. Mieux alimentée en oxygène, l’hypophyse, glande endocrine située à la base du premier cerveau, crée plus d’endorphines, qu’on appelle aussi les « hormones du bien-être ». Il suffit d’une seconde et demie d’inspiration supplémentaire (alors que la respiration abdominale vous en offre cinq au minimum) pour que le premier cerveau augmente sa production d’endorphines, alliées précieuses dans la résistance au stress, aux agressions. Ces endorphines permettent aux différents systèmes du corps de mieux fonctionner. Conséquences : meilleur développement des cellules immunitaires créées par le ventre.

Vous allez donc vous entraîner à développer le mouvement du diaphragme, donc à respirer plus profondément et plus lentement. Cela paraît élémentaire. Chacun de nous, à un moment ou à un autre, est obligé d’accélérer ou d’approfondir sa respiration après un effort, une course, un stress, etc. quand le corps réclame un surplus d’oxygène. Ce que je vous demande, c’est de respirer plus lentement et plus profondément, en mettant en jeu l’abdomen, dans toutes les circonstances de la vie.

Libérez donc votre diaphragme, qui a trop tendance à se bloquer, à précipiter et à raccourcir votre rythme respiratoire. En même temps, imaginez que l’air que vous respirez va pénétrer, d’abord, dans votre ventre. Faire pénétrer l’air extérieur dans votre ventre est la base de la respiration abdominale celle que nous avons abandonnée, celle que la vie moderne nous a fait perdre. Certains vont s’étonner à l’idée que l’air qui pénètre par le nez puisse atteindre le ventre et y séjourner. C’est pourtant une réalité. Et vous ne tarderez pas à la ressentir et à en éprouver les bienfaits.

Comment réapprendre à respirer par le ventre ?

Dans sa phase d’apprentissage, l’exercice destiné à vous faire retrouver l’indispensable respiration abdominale se pratique allongé. Par la suite, vous reproduirez la manœuvre d’inspiration-expiration mettant en action dans le même élan, poumons et ventre, dans n’importe quelle position – assis, debout, immobile ou en mouvement. Elle deviendra instinctive, automatique, dès que votre ventre sera libéré et en mesure de recevoir et de rejeter l’air que vous lui envoyez. Vous reproduirez l’exercice d’inspiration-expiration profonde cinq fois par heure.

Si au début, vous ressentez quelques étourdissements, un léger vertige, ne vous inquiétez pas. Cela est dû simplement au surcroît d’oxygène qui peut accélérer les battements du cœur.

Sachez que, si vous pratiquez ces exercices respiratoires au total quarante à cinquante fois entre réveil et coucher, cela équivaut, sur le plan de l’oxygénation et de la circulation sanguine, à une dizaine de kilomètres de marche à pied !
 
Pour éviter les troubles et désagréments, il vous suffit de diminuer la fréquence de l’exercice. Passez à trois inspirations-expirations par heure jusqu’à disparition des problèmes. Par la suite repassez à cinq.

  • Allongé sur le dos, jambes repliées, placez un livre sur votre ventre, un second livre sur la poitrine.
  •  Posez une main sur chaque livre. Inspirez lentement par le nez, entre sept à dix secondes, en vous efforçant de diriger d’abord l’air inspiré vers le ventre.

Si, au début, cela vous semble difficile, irréalisable, n’éprouvez aucune inquiétude. Cela signifie simplement que votre ventre a perdu l’habitude de recevoir de l’air,  qu’il n’est plus capable de capter le message « inspiration-expiration » que vous lui adressez par l’intermédiaire du premier cerveau. Votre ventre est bloqué et vous êtes prisonnier de votre respiration thoracique.

Insistez, continuez sans vous décourager, car l’échec est impossible. A un certain moment, au bout de quelques essais qui peuvent prendre du temps, vous allez sentir que le livre placé sur votre ventre s’élève, d’abord imperceptiblement, plus nettement ensuite.

Cela signifie que vous avez retrouvé votre respiration abdominale. Bravo.

Vous constaterez que le livre placé sur votre poitrine s’élève à l’inspiration en même temps que le livre du ventre et s’abaisse de la même façon synchrone. Cela signifie que votre respiration est devenue globale et que la circulation entre les deux cerveaux est rétablie – avec toutes les conséquences heureuses pour votre santé que je développe plus avant dans ce livre.

  • Entre inspiration et expiration, observez un palier, c’est-à-dire, gardez l’air dans les poumons et dans le ventre pendant une ou deux secondes.
  • Expirez par le nez ou la bouche en vous efforçant de vider d’abord le ventre (le livre qui y est placé s’abaisse légèrement), puis les poumons (le livre placé sur la poitrine s’abaisse également). A la fin de l’expiration, creusez votre ventre au maximum, le nombril tendant à se rapprocher de la colonne vertébrale. L’expiration doit durer de sept à dix secondes. Les livres posés sur votre ventre et votre poitrine s’abaissent de façon plus marquée. »

LE VENTRE, NOTRE DEUXIÈME CERVEAU

L’INTELLIGENCE DU VENTRE

Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre « tête ». Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l’on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l’inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

 Comme est-on arrivé à la conclusion que le ventre est notre deuxième cerveau ?

Cécile Denjean : Les scientifiques se sont aperçus qu’il existait quantité de neurones dans notre ventre, à peu près autant que dans le cortex d’un chat ou d’un chien ! Ils s’occupent, entre autres, de notre digestion. S’il n’avait disposé que d’un seul cerveau, celui du « haut », l’être humain aurait été absorbé en permanence par ce processus très complexe et n’aurait pas pu développer d’autres activités intellectuelles. Le fait d’avoir deux cerveaux a joué un rôle majeur dans notre évolution.

Cette découverte ouvre-t-elle des perspectives dans le domaine sanitaire ?
Oui, par exemple, on s’est aperçu que la maladie de Parkinson, qui, comme on le sait, s’attaque aux neurones du cerveau, s’en prend aussi à ceux du ventre. Certains chercheurs se demandent même si elle ne commence pas par là. Cette maladie neurodégénérative démarre longtemps avant que les premiers troubles moteurs n’apparaissent. Or, quand les tremblements surviennent, il est trop tard puisque 70 % des neurones sont déjà détruits. Si on arrivait à diagnostiquer Parkinson dix à vingt ans plus tôt par une simple biopsie intestinale de routine, cela pourrait permettre d’anticiper sur la destruction des neurones. À Nantes, une équipe de chercheurs vise à démontrer que l’étude de biopsie intestinale permettrait de remplacer sans danger le même examen au cerveau qui, lui, est très risqué. Mais ce n’est encore qu’une hypothèse. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’on peut utiliser le ventre et ses millions de neurones comme une fenêtre sur ce qui se passe dans le cerveau.

On apprend aussi dans votre documentaire que notre corps, et particulièrement notre ventre, est colonisé par des milliers de milliards de bactéries…
Il contient dix fois plus de bactéries que de cellules ! Et le nombre de gènes que nous héritons est bien inférieur à celui des gènes des  bactéries. C’est une vraie révolution scientifique, puisqu’on se rend compte que les cellules transmises par nos parents entrent en relation avec des bactéries que nous hébergeons et qui modifient notre organisme. Pour les scientifiques, notre corps est un écosystème ! Ce qui est troublant, c’est qu’on ne connaît pas ces bactéries, majoritairement situées dans notre ventre. Il existe une part de hasard. Lesquelles commencent à se loger en nous le jour de notre naissance ? On n’en sait rien. Cela ouvre un champ de recherche passionnant.