Archive | Tantra et sexualité sacrée RSS for this section

L’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru. CONFUCIUS

Les expressions populaires

La symbolique du dos est si riche qu’on ne compte plus le nombre d’expressions engageant le dos. Néanmoins pourquoi les expressions qui engagent le dos sont elles aussi souvent négatives ? Il est temps de réhabiliter le dos en cherchant un aspect du symbolisme du dos positif. L’étymologie du mot dos vient du latin « dorsum ».

Le dos est notre lieu d’habitation à la manière de la tortue, c’est notre carapace, lieu de protection et espace de repos.

D’ailleurs on retrouve la même racine avec le mot « domicile ». Le domicile est une notion née de la locution latine domus désignant le lieu où habite une personne.

Selon KRISHNAMURTI, nous vivons dans le passé, (on m’a dit), toute notre vie s’inscrit dans le passé. Ce mouvement du passé peut-il s’interrompre ?

Le passé est un mouvement modifié par le présent et axé vers le futur. L’instant, c’est là où le présent et le passé s’abolissent. La pensée qui est un mouvement du passé entre en contact avec le présent et s’arrête net.

– Le dos symbolise le passé mais aussi les ancêtres. Quelle part des ancêtres est en nous et de quelle façon.

Concernant cet aspect de la symbolique qui associe le dos au passé, nous n’avons pas la maîtrise de cette association symbolique.

On peut imaginer alors que le dos soit un lieu privilégié de la somatisation.

– Une Solution : la méditation

 « Méditer, c’est se vider du connu. Le connu est le passé.» La révolution du silence, Jiddu KRISHNAMURTI

Mémoire du dos

Toute l’histoire de son dos est sans doute inscrite dans le dos relié au cerveau sans que nous en ayons l’accès et donc la maîtrise.Le fait que nous n’en ayons pas l’accès rend ce lieu incontrôlable et ouvre la voie à la somatisation.

 Le dos, lieu privilégié de l’inconscient
Ce serait un raccourci facile de dire que les maux de dos sont l’expression de l’inconscient. Quand, sans raison apparente, nous ressentons de fortes contractions musculaires au niveau du dos ou souffrons de maux de têtes incessants, nous sommes probablement en train de somatiser. Ce type de douleurs est la manifestation d’angoisses que, bien souvent, nous ne savons pas exprimer autrement. Le corps parle à notre place, extériorisant notre stress, nos sentiments d’angoisse, de peurs, d’instabilité. La somatisation peut prendre différentes formes, allant des maux de têtes aux tensions voire blocages dans différentes parties du dos. Notre inconscient nous pousse à souffrir physiquement plutôt que psychologiquement. Le symptôme physique cherche à nous « protéger », à limiter l’angoisse trop envahissante : avoir mal dans le corps nous fait « oublier » notre sentiment d’angoisse.

Le déploiement de la Kundalini conduirait à l’éveil spirituel du pratiquant et à la plus haute conscience de soi.

Par la pratique de la méditation, la Kundalinî s’éveillerait et monterait le long de la colonne vertébrale depuis l’os sacrum jusqu’à la fontanelle, progressant d’un des sept chakras à l’autre afin de les harmoniser un à un. La Kundalini est indifféremment désignée comme « énergie vitale« , « énergie sexuelle » ou « énergie divine » selon les auteurs qui l’emploient et la tradition qui l’utilise. Le terme ancien, Kundalini Shakti, issu du tantrisme (voir article du 19 mai 2015 dans mes notes et références), est aujourd’hui employé fréquemment dans le courant New Age.

Tantra et sexualité sacrée

Au-delà des nombreux plaisirs qu’elle peut procurer, la sexualité peut permettre d’atteindre une forme « d’extase » physique et spirituelle à la fois. Est-ce pour vous ?

Voir article du 18/05/15 sur émotions humaines physiques et spirituelles… Victoire Kephale

Plusieurs philosophies orientales considèrent la sexualité comme un élément fondamental du développement intégral de l’individu. Son action se ferait sentir sur tous les plans : physique, psychologique, émotif et spirituel. Dans ce contexte, la sexualité est considérée comme sacrée. Les dimensions masculine et féminine représentent alors des forces énergétiques complémentaires, et c’est la fusion de la polarité mâle avec la polarité femelle qui permet d’atteindre l’extase et le « sacré ». Le sacré dont il est question ici est le sentiment de participer à la grande danse de l’existence, d’être en connexion intime et aimante avec tout ce qui vit.

Éveil et extase par le tantra

En Occident, grâce à l’arrivée des pratiques spirituelles orientales depuis la deuxième moitié du XXe siècle, des centaines de milliers de personnes ont découvert non seulement la méditation et le yoga, mais aussi ces points de vue inattendus sur la sexualité. La pratique d’une sexualité sacrée pourrait participer à la transformation intérieure capable de mener à « l’Éveil », cet état transcendant permanent. De plus, ces pratiques permettraient de goûter des sensations physiques également « extatiques ».

Au-delà du génital

La pratique est censée amener les partenaires à élargir leur expérience sensorielle bien au-delà de la zone génitale (mais sans l’exclure). Le corps entier devient alors érotique et capable de sensations orgasmiques. Plusieurs techniques visent plus particulièrement à développer la capacité d’avoir un orgasme qui soit dirigé vers l’intérieur plutôt que projeté vers l’extérieur. Chez l’homme, il peut même se produire sans qu’il y ait d’éjaculation (voir, dans la bibliographie, les livres de Mantak Chia).

Comme c’est le cas pour la méditation, la sexualité sacrée se présente comme une activité simple à comprendre – être en relation dans un état de profonde attention et de conscience -, ce qui la rend accessible aux néophytes. Mais, tout comme pour la méditation, il s’agit aussi d’une voie profonde et pleine de subtilités. Elle ne se révèle vraiment qu’au fil du temps et de la pratique assidue – pour le plus grand bonheur de ses adeptes.

Le tantra, qu’est-ce que c’est ?

Le tantra (ou tantrisme) est probablement la pratique de sexualité sacrée la plus connue. Mais il faut savoir que le tantra est d’abord une voie spirituelle, un des nombreux courants de l’hindouisme, religion multiforme très répandue en Inde. Il s’agit d’un vaste et riche système de pensée qui ne saurait en aucun cas être ramené à la seule dimension sexuelle. Il est vrai toutefois qu’un courant à l’intérieur du tantra considère l’acte sexuel comme une pratique pouvant mener à la connaissance suprême. C’est au tantra que l’on doit le concept à la base de la sexualité sacrée : l’être humain est d’essence divine, et cette essence est à la fois masculine et féminine (représentée par Shiva et Shakti, que l’on voit s’accoupler dans les temples hindous).

Cela dit, les pratiques de sexualité sacrée en Occident s’inspirent aussi du taoïsme, antique philosophie et religion de la Chine dont le symbole représente justement l’interdépendance desénergies mâle et femelle. Plusieurs chercheurs et auteurs contemporains – de manière plus ou moins authentique et intense – ont étudié ces pratiques et les ont traduites pour un public occidental.

Le tantra en pratique

Le corps étant perçu comme un merveilleux outil à notre disposition pour raffiner et transformer la conscience, il s’agit de porter une grande attention à ce qu’il peut faire connaître. Par conséquent, les exercices ne sont pas des règles à suivre ou des recettes, mais des moyens de favoriser, chez les partenaires, un état réceptif à « ce qui est ». La clé est d’être patient, attentif et présent, et de laisser les sensations et le plaisir circuler, varier et grandir.

Un état de détente est absolument indispensable à toute rencontre, tant pour éviter la distraction que pour donner accès à toute l’énergie disponible. Il faut également libérer l’esprit et le coeur des frustrations et des rancunes non exprimées afin d’atteindre le niveau de confiance nécessaire entre les partenaires. Développer l’habitude d’exprimer sessentiments de manière limpide devrait donc accompagner la pratique.

Comment se préparer?

Bien qu’une rencontre sexuelle puisse mener à l’extase de manière tout à fait spontanée et inattendue, les amants pratiquent généralement quelques rituels pour favoriser leur entrée dans un état de communication profonde.

  • Aménager « l’espace sacré » avec, selon ses préférences, de l’encens, quelques tissus drapés, de l’éclairage indirect, des chandelles, un bol de fruits, etc.
  • Faire sa toilette avec soin. Utiliser quelques gouttes de parfum à différents endroits du corps.
  • Rencontrer l’autre par une salutation lente, les yeux dans les yeux, pour dire que l’on est, l’un et l’autre, disponible, ouvert, respectueux.
  • Établir le contact physique par une longue étreinte, sans gestes sexuels, une étreinte aimante, à l’écoute de ses sensations et des manifestations de l’autre.

Les partenaires peuvent ensuite recourir à toutes sortes de caresses, de techniques, de jeux ou d’exercices dont l’objectif est d’éveiller les sens, d’accroître l’intimité, de découvrir l’autre, de se laisser aller, etc.

Deux exemples d’exercices

La danse authentique. Vêtu d’un léger vêtement confortable, chaque partenaire danse à tour de rôle pour l’autre (chacun aura choisi une musique d’environ 10 à 15 minutes qui l’inspire). L’idée n’est pas de faire une jolie présentation ou d’aguicher l’autre, mais de bouger d’une manière qui correspond à ce que l’on ressent à ce moment-là, en y mettant tout son coeur.

Il faut laisser l’énervement s’apaiser graduellement, bien respirer, permettre à la musique de résonner dans le corps. On habite sa danse au point d’emplir la pièce… On peut pousser des sons ou chantonner, fermer les yeux ou regarder son partenaire. Le rôle de l’observateur est d’être totalement attentif à la danse de la personne bien-aimée. À la fin, l’observateur accueille son partenaire, le serre dans ses bras et le remercie. Puis danse à son tour. La suite peut être un partage de ce que chacun a vécu, à la fois comme danseur et comme observateur. Ou alors des étreintes sensuelles qui pourront mener à faire l’amour, d’une façon renouvelée.

La respiration inversée. Cet exercice amène une profonde intimité qui peut préparer à avoir une relation sexuelle d’une intensité très particulière. Les deux partenaires s’assoient face à face en demi-lotus et, légèrement penchés vers l’avant, collent presque leurs bouches l’une sur l’autre. De façon continue, pendant que l’un inspire, l’autre expire, chacun respirant l’air de l’autre. Les respirations sont lentes et profondes, et les partenaires demeurent détendus. L’exercice peut durer une quinzaine de minutes. Après un certain temps, à mesure que les respirations se synchronisent naturellement, il est possible de sentir qu’on ne devient qu’un seul souffle. Chaque partenaire peut même imaginer que sa propre expiration descend jusqu’au sexe de l’autre et le stimule, et qu’il laisse ensuite le souffle de l’autre le pénétrer et venir stimuler son propre sexe.

Faire circuler l’énergie

La circulation de l’énergie est un concept fondamental de la sexualité sacrée. Il y aurait, à l’intérieur du corps, un « canal » dans lequel l’énergie sexuelle générée dans la zone génitale pourrait circuler. Elle monterait jusqu’au sommet du crâne, à peu près le long de la colonne vertébrale. Elle redescendrait ensuite jusqu’aux organes génitaux en passant par le devant du corps pour compléter la boucle. En circulant ainsi constamment, elle procurerait de l’énergie à tout le corps. On pourrait aussi la diriger vers un organe particulier. Divers exercices, dont la visualisation et la méditation, permettraient « d’éveiller » ce canal.

Une posture fréquemment utilisée pour représenter la sexualité sacrée est celle où l’homme est assis en tailleur tandis que la femme est assise sur ses genoux et l’enlace de ses jambes; les partenaires nus s’embrassent. Les zones génitales sont en contact, de même que les visages. Il serait alors possible de faire circuler l’énergie sexuelle en boucle entre les deux partenaires. L’énergie monte dans le canal de l’arrière du corps de l’un des partenaires, se transmet à l’autre par la bouche, et descend dans le canal situé au devant de son corps. L’énergie retourne au premier en passant par les organes génitaux et reprend sa course. L’énergie sexuelle de l’autre personne circule de la même façon. Grâce à la qualité d’attention des partenaires, l’énergie peut ainsi circuler dans cette double boucle pendant plusieurs minutes.