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De tous les arts, l’art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme. Pierre Dac

Une étude américaine vient de montrer qu’un nouveau régime, appelé MIND, pourrait protéger le cerveau du risque de démence et de la maladie d’Alzheimer.

Si l’on sait que notre alimentation impacte la santé de notre cœur, on sait un peu moins qu’elle a également un effet sur la santé de notre cerveau. Dans une nouvelle étude parue dans la revue Alzheimer’s & Dementia, des chercheurs du Rush University Medical Center à Chicago montrent qu’un modèle de régime alimentaire qu’ils ont développé et baptisé le régime MIND pourrait réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer de 53%. Et même ceux qui n’adoptent pas le régime alimentaire complètement peuvent espérer une diminution du risque d’environ 35%.

Mais les chercheurs américains de l’université de Chicago sont allés plus loin : pour mettre au point Mind, ils ont distingué neuf aliments sains, contribuant au bon fonctionnement cérébral (cf. encadré ci-dessous). « La spécificité de ce régime tient surtout à la consommation de légumes verts à feuilles (choux, épinards, cresson, blettes…) et de baies, en particulier les myrtilles et les fraises », explique Martha Clare Morris.

Les bons aliments pour un cerveau en bonne santé : les légumes (surtout les légumes verts tels que le chou kale et les épinards qui sont tous riches en vitamines A et C) mais aussi les noix , les haricots (source de fibres et de protéines), les céréales complètes (partie essentielle de l’assiette), le poisson (une fois par semaine au moins), la volaille, l’huile d’olive, et les fruits rouges (surtout la myrtille). Le MIND autorise aussi un verre de vin par jour (mais pas plus) pour maximiser la santé du cerveau.

Pourquoi chercher à comprendre le cerveau ?

Pour au moins quatre raisons.

Philosophique, car le cerveau est l’organe qui perçoit, qui pense, et qui agit. C’est donc lui qui permet de donner un sens à l’existence.

Sociologique, le cerveau est en effet le chef d’orchestre de l’organisme qu’il gère tout en se gérant lui-même. C’est donc lui qui est responsable de nos comportements, et donc de nos interactions avec les individus qui composent la société.

Scientifique, puisque le cerveau commence à être compris dans son fonctionnement. Nous vivons donc une époque enthousiasmante pour comprendre la genèse de nos facultés intellectuelles et de nos émotions, et donc les comportements moteurs qui en sont l’expression.

Et enfin médicale, car le cerveau malade commence à être compris, qu’il s’agisse des maladies neurologiques (Alzheimer, Parkinson, SLA, sclérose en plaques, épilepsie…) ou psychiatriques (dépression, schizophrénie, autisme, TOC…).

Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner

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Notre cerveau est encore plus fabuleux qu’on le croyait : il est totalement élastique ! Même âgé, handicapé, partiellement amputé, le système nerveux central peut se reconstituer. Il est aussi totalement social, il donne sa pleine mesure en entrant en résonnance avec d’autres : nous sommes constitués pour entrer en empathie avec autrui

La triple plasticité du système nerveux : en peu de temps, sous l’influence d’émotions, d’images, de pensées, d’actions diverses peuvent se produire plusieurs phénomènes : 1/de nouveaux neurones peuvent naître dans notre cerveau .2/nos neurones peuvent se développer (X10 ! ) et multiplier leurs synapses ou au contraire se ratatiner. 3/nos réseaux de neurones peuvent même remplacer un sens par un autre (la vue par le toucher par ex). Enfin, l’ensemble de notre cerveau peut entièrement se réorganiser suite à un accident par exemple.

Au départ une incroyable histoire, celle des frères BACH Y RITA aux USA. En 1959, le père, poète érudit, se retrouve paralysé suite à un AVC / diagnostic lapidaire : ses jours sont comptés et il restera hémiplégique. Son fils ainé, jeune psychiatre refuse de croire son père fichu. Intuition, folie…il va considérer son père comme un nouveau-né. Il va mettre le vieux monsieur à plat ventre dans le jardin, le faire ramper à 4 pattes sous les yeux horrifiés des voisins. Au bout d’un an d’exercices quotidiens acharnés, son père jouera du piano, dansera et redonnera des cours à la faculté. Personne n’y comprend rien. Le fils cadet qui revient de longs voyages, parle pour la première fois de neuroplasticité. C’est un génie, médecin, psychopharmacologue, qui a vécu dans 10 pays, parle 6 langues, qui se met à l’ingénierie biomédicale et à la neurophysiologie de l’œil. Quand son père meut 6 ans après, de sa belle mort, il fait autopsier son cerveau : 97% des nerfs reliant son cortex cérébral à sa colonne vertébrale avaient été détruits par l’AVC. Il avait donc vécu avec seulement 3% de connexions, qui ont été fortement développées pendant sa rééducation, ce qui était impossible en théorie à l’époque. Ses premiers articles datent de 1967, mais il ne sera pris au sérieux qu’après 1990 ! Ainsi, il a détourné quelques nerfs de la langue pour redonner vie à des parties mortes du visage de certains accidentés…avec bien sur une volonté de fer des patients pour des exercices quotidiens pendant des mois ou des années. L’adaptabilité de notre système nerveux dépasse l’entendement.

Notre cerveau reste une énigme

 

phase2.gifDe quoi sont faits nos rêves ? Les neurologues croient aujourd’hui que, pendant le sommeil paradoxal, le cerveau, libéré du contrôle conscient exercé par les lobes frontaux du néocortex, remodèle les réseaux neuronaux. A quoi ressemble ce remodelage ? Mystère ! Tout ce à quoi vous avez accès, c’est la traduction qu’en a faite votre moi conscient à la dernière seconde, juste au moment éclair du réveil, à la sortie de votre rêve.

Lorsque nous nous endormons, le système modulateur de nos neurones noradrénalinergiques et sérotoninergiques cesse de fonctionner (sinon, c’est l’insomnie garantie) et le cerveau cognitif lent est lui hors circuit ; toutes les informations sont traitées de façon analogique rapide. C’est le sommeil paradoxal. TASSIN affirme que ce n’est pas le temps du rêve, car celui-ci ne surviendrait qu’au moment du réveil. On se réveille car nos neurones modulateurs se sont mis à fonctionner, même une fraction de seconde. Notre cerveau cognitif lent se réveille, même brièvement, et en une fraction de seconde, fabrique une histoire… (une image par 5 centièmes de seconde). Notre sommeil est constellé de micro-réveils neuronaux de survie. Bref, c’est toujours l’énigme …. Si le scénario de nos rêves s’écrit à la seconde où nous nous réveillons, que se passe-t il pendant le sommeil paradoxal ?

Notre cerveau est social

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Nos neurones ont besoin d’autrui pour fonctionner car notre cerveau est neurosocial. Nos circuits neuronaux sont faits pour se mettre en phase avec ceux des autres. Nous n’avons donc pas le même cerveau, et donc pas la même vie, selon les relations que nous entretenons avec autrui. Nos neurones ont absolument besoin de la présence physique des autres et d’une mise en résonnance empathique avec eux. Les contacts cybernétiques, virtuels en augmentation croissante, vont donc poser un gros problème.

Nos neurones attrapent les émotions des autres. Au moindre sourire, au moindre affrontement, nous sommes en résonnance. Ainsi, notre cerveau n’est pas le même selon que nous trouvons notre interlocuteur plus ou moins sympathique, drôle, suspect, stupide, dangereux, tonique… Un long baiser amoureux a des effets positifs profonds : baisse du taux de cortisol (indicateur du stress), montée en flèche des anticorps… A l’inverse une dispute conjugale met aussi les protagonistes en phase, avec des effets négatifs tout aussi mesurables. Et si répétition pendant des années, les dommages sont cumulatifs.

Hommes et femmes ne réagissent pas de la même façon aux interactions. Au repos, les neurones des femmes ont tendance à ressasser, ruminer leurs derniers échanges relationnels. Ceux des hommes le font avec beaucoup moins d’énergie et de détails. Le cerveau de la femme est plus « social » que celui de l’homme, et donc plus dépendant de la qualité de la relation. Tout cela fonctionne, entre autres, grâce aux neurones miroirs, découverts, comme on l’a vu par RIZZOLATTI. C’est un mécanisme qui fait que dès la naissance, notre cerveau « mime » les actions qu’il voit accomplir par d’autres, comme si c’était lui qui agissait. Selon le type de relations que nous avons l’habitude de vivre, nos réseaux de neurones ne sont pas structurés de la même façon. Nous avons donc intérêt à développer notre « intelligence relationnelle ».

L’intelligence, la sensibilité, l’empathie, toutes les fonctions psychiques dépendent du degré d’interconnection et de vivacité des neurones. Boris Cyrulnik

Chez les humains, il y a en gros 4 périodes sensibles :

La première : bouillonnement synaptique des premières années, avec l’intégration du langage. Tout enfant apprend sa langue maternelle en 10 mois : 3.000 mots, la grammaire, l’accent. Incroyablement intense.

La seconde va de la naissance à la mort, chaque fois que l’on connaît des émotions très fortes, agréables ou négatives. L’hyper-émotion suscite une hyper mémoire.

La troisième, dérivée de la deuxième, ne se renouvelle quasiment pas : le premier grand amour, émotion forte s’il en est ! On est totalement imprégné de ce sentiment, et les pistes neuronales correspondantes se gravent de façon profonde et indélébile.

La quatrième période sensible couvre toute l’adolescence, avec ses multiples découvertes, ses bonheurs et ses contrariétés, où l’on assiste à un élagage synaptique, un vrai « resserrage de boulons ».

La plus grande maltraitance n’est pas physique mais liée à une carence affective. Celle-ci fait des ravages. L’enfant n’est pas mal traité, ni agressé. Il est juste seul…Son concept de résilience dit qu’il est possible de « renaître » après une très grande souffrance traumatique. Ainsi, il affirme que si on donne de l’affection à un enfant abandonné, ses connexions synaptiques pousseront comme des primevères au printemps.

Ce qui amène à parler du cerveau neurosocial. En effet, mon cerveau fonctionne en « wifi ». Si je m’entends bien avec une personne, les mêmes zones vont s’allumer dans nos 2 cerveaux, et idem si nous nous haïssons ! Pour qu’un cerveau, même sain, fonctionne, il lui faut au moins un autre cerveau pour se développer.

Toujours apprendre, se méfier de la pollution sonore, ne pas se décourager de la lenteur de la rééducation, comprendre que les médicaments aident mais ne remplacent pas l’exercice, éviter tension, diabète, cholestérol et tabac, aimer les aliments antioxydants, l’exercice physique, le calme, la gentillesse, le rire et l’empathie ! Conseils simples prodigués par Merzenich

Autre défricheur américain de génie, MERZENICH, qui suit les travaux de HUBEL et WIESEL prix Nobel de médecine, prouvant que la spécialisation du cerveau n’est pas 100% prédéterminée génétiquement, et que tout se joue dans les premiers mois de la vie. Ainsi un nouveau-né à qui on banderait les yeux pendant un an ne verrait jamais. La fonctionnalité cervicale se développe dans l’action. MEZERNICH découvre que nos aires cérébrales changent en quelques mois, quelques semaines, voire quelques jours. Il va mathématiser une loi fondamentale du processus « le temps sensoriel engendre de l’espace neuronal ! » . Ainsi, si avec votre pouce, vous sentez systématiquement, dans l’ordre temporel, votre index, puis votre majeur, puis votre annulaire, les neurones correspondant à l’index, au majeur et à l’annulaire se rangeront spatialement dans cet ordre-là à l’intérieur de votre cerveau.